Est-ce l’hypomanie, ou simplement de la créativité?

on August 12, 2019   |    No Comments

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Est-ce l’hypomanie, ou simplement de la créativité?

À l’âge de 54 ans en 1998, on m’a diagnostiqué bipolaire 1 lors d’un séjour de deux mois dans un institut psychiatrique. Depuis 1993, je suis devenu un passionné de l’écriture créative mais je serai le premier à admettre que mes intérêts à cet égard ont fluctué quelque peu selon mes humeurs.

À l’automne 1998 quand j’étais en pleine crise maniaque, je n’avais aucun intérêt que ce soit, ni de temps à consacrer à l’écriture créative. Mon esprit était trop occupé à faire d’autres choses. Et au cours de la phase initiale de ma convalescence de cet épisode maniaque, j’ai donné priorité au repos afin que mon être retrouve ses forces mentales et physiques. Durant cette période, je n’ai plus ressenti le désir d’écrire.

« Au contraire, je crois fermement que […] mon trouble bipolaire a déchaîné davantage dans mon esprit mon intérêt de longue date « de sortir des sentiers battus. » »

Quand j’ai enfin retrouvé mes capacités physiques et émotionnelles vers la mi-1999, mes intérêts dans l’écriture créative ont refait surface. Depuis ce moment, je n’ai pas cessé d’en faire sauf pour de très courtes périodes de temps.

Raymond et Louise

Lors de ces périodes fructueuses en créativité, je me suis souvent demandé si j’étais hypomaniaque ou tout simplement une personne « normalement productive » fascinée par l’écriture créative. Depuis mon congé de l’hôpital au début de 1999, je n’ai jamais négligé de prendre mon médicament tel que prescrit. Dieu merci, j’ai vite réussi à trouver un nouvel emploi super gratifiant en 2000 où j’ai continué de travailler jusqu’à ma retraite en 2014. De plus, j’ai continué à bien prendre soin de moi-même. En 2002, j’ai même eu la chance de tomber en amour avec une merveilleuse femme, Louise, dont j’ai épousée en 2016.

Bref, malgré les hauts et les bas que j’ai rencontrés, la vie a été bonne pour moi grâce au soutien inlassable que j’ai reçu de mes proches, nombreux amis, et mes médecins. Oui, grâce à eux et à mes propres forces intérieures, je réussis encore d’affronter avec succès les facteurs stressants que je rencontre à différents moments de ma vie quotidienne. Ainsi, je déduis avec ferme conviction que, compte tenu de la qualité de ma vie, mes profonds intérêts dans l’écriture créatif sont tout à fait légitimes et pas un symptôme de mon trouble bipolaire.

Au contraire, je crois fermement que, compte tenu de ma sensibilité accrue, mon trouble bipolaire a déchaîné davantage dans mon esprit mon intérêt de longue date « de sortir des sentiers battus. »

« Dans le plus profond de mon cœur et mon âme, je savais que je ne vivais pas une phase hypomaniaque. »

Parfois, j’ai succombé à «l’angoisse de la page blanche» comme plusieurs autres auteurs. Permettez-moi de vous donner un exemple concret de ce que j’ai vécu récemment à cet égard. À la mi-février de cette année, j’ai attrapé une très mauvaise grippe qui m’a démuni d’énergie pendant plus de six semaines. Je me suis senti dégonflé, totalement incapable de créer. Néanmoins, j’ai consacré un peu de temps à relire certaines ébauches de mes manuscrits afin d’en apporter des améliorations. Plus important encore, j’ai reposé mon corps épuisé aussi souvent que possible et j’ai continué à faire de mon mieux afin de ne pas négliger mon alimentation et mes exercices. Mes médecins ont bien surveillé ma santé. Ma femme m’a même choyé plus que d’habitude et croyez moi j’en dégustais.

Une fois que mon corps a récupéré ses forces et que mon moral fut remonté, la créativité s’est mise à couler aussi fluide qu’auparavant sans toutefois nuire à mon sommeil ni aux autres aspects clés de mon mode de vie quotidienne. Ma productivité créatrice semblait plus riche que jamais.

Dans le plus profond de mon cœur et mon âme, je savais que je ne vivais pas une phase hypomaniaque. Je crois toujours sincèrement que, une fois de plus, mon trouble bipolaire avait tout simplement réemballer pour moi le cadeau qu’il m’avait déjà donné à ma naissance : le don d’un esprit créatif. Alors maintenant, je suis tout simplement en train de laisser couler ma créativité dans la rivière de son choix.

Raymond D. Tremblay (Ottawa)


(Paul Galipeau/lechampiondumonde.com)

(Credit: Paul Galipeau)

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